Henri Queuille

Henri Queuille, personnage politique incontournable de la vie nationale et locale sous les IIIe et IVe Républiques, a vu le jour à Neuvic en 1884. Après des études à Paris, il revient s' y installer en tant que médecin généraliste à partir de 1908. Il s'intéresse très tôt à la vie publique, et, soucieux d'améliorer les conditions d'existence de ses contemporains, il se porte vers le parti radical et radical-socialiste.

Élu maire de Neuvic en 1912 - mandat qu'il conservera jusqu'en 1965 - puis conseiller général en 1913 et député en 1914, il sait se faire apprécier par ses interventions concises et techniques et apparaît très vite parmi les ministrables. En juillet 1920, il entre au gouvernement Millerand en charge du sous-secrétariat d'Etat à l'Agriculture. Par la suite, il sera 34 fois ministres dont 12 fois de l'Agriculture.

On peut citer parmi ses autres postes ministériels ceux de la Santé Publique, des Postes ou encore celui des Travaux Publiques en 1937. C'est à ce titre qu'il réalise alors la création de la SNCF. Ministre du Ravitaillement général en 1940, il s'oppose à l'adoption des tickets de rationnement, qu'il juge inutile et économiquement néfaste.

Républicain convaincu, il s'abstient le 10 juillet 1940 de voter les pleins pouvoirs à Pétain en sa qualité de sénateur (depuis 1935). Henri Queuille se retire alors à Neuvic où il fonde une entreprise de charbon de bois lui permettant d'apporter une aide logistique aux premiers résistants.

En 1942, le Général de Gaulle lui envoie un émissaire afin de l'enjoindre à gagner Londres. Jouissant d'une grande expérience politique, Henri Queuille lui apporte une légitimité républicaine incontestable. C'est ainsi qu'en avril 1943, il s'envole clandestinement pour la Grande-Bretagne où, le 16 mai, il lance à la BBC un appel à la résistance aux paysans de France.

Peu de temps après, il est chargé d'organiser les territoires libérés en tant que Président de la commission de débarquement.

Par la suite, il est nommé commissaire d'État chargé des commissions interministérielles puis, en tant que ministre d'Etat du premier Gouvernement de la République, il assume par intérim du Gouvernement Provisoire de la République Française à Alger en suppléance du Général de Gaulle.

Henri Queuille - Président du Conseil en 1949

De retour en Corrèze  après la Libération, il se consacre au relèvement et à la réorganisation du parti radical avant de reprendre de nouvelles fonctions ministérielles jusqu'à exercer trois fois la Présidence du Conseil sous Vincent Auriol.

Alors qu'il aurait facilement pu lui succéder à la tête de l'État, Henri Queuille préfère se retirer peu à peu de ses fonctions politiques au cours des années suivantes. Il continuera néanmoins d'être animé de la volonté politique qu'on lui a toujours connue, jusqu'à sa disparition en 1970.